À Paris, une manifestation interdite puis autorisée… mais condamnée à rester sur place
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Le cortège devait rejoindre la Bastille depuis la Pitié-Salpêtrière. La préfecture avait interdit son parcours, mais le tribunal administratif a levé cette interdiction le 22 octobre, après un recours du collectif Interfac Île-de-France. Plusieurs milliers de manifestants se sont rassemblés dans le sud-est de Paris, sous une forte présence policière.
La décision n’a pourtant pas rendu son parcours au cortège. D’après l’Associated Press, les organisateurs ont signé un document de la police prévoyant que le rassemblement resterait statique, en raison des risques de violences. Une manifestation autorisée, donc, à condition de ne pas marcher.
La justice dit oui, les restrictions restent
La préfecture avait invoqué les incidents survenus lors des mobilisations des 13 et 17 octobre. Un autre arrêté continuait d’interdire le 22 octobre, de 8 heures à 20 heures, les rassemblements non déclarés dans plusieurs secteurs de Paris, notamment autour des institutions et des grandes gares. La décision du tribunal ne supprimait pas ces restrictions.
Au même moment, les regards se tournent déjà vers le 24 octobre. Emmanuel Macron a annoncé un durcissement des conditions de manifestation après une réunion de sécurité à l’Élysée. À Lyon, les rassemblements prévus ont été interdits.
Vitrines protégées, armureries débordées
Dans le centre de Paris, des commerçants font poser des panneaux de bois devant leurs vitrines. Le groupe Hermès a renforcé la sécurité de ses boutiques françaises, rapporte Reuters. Cette fois, les magasins anticipent les risques avant la mobilisation, après les pillages du 17 octobre.
La mairie se prépare également. Depuis le 22 octobre, ses agents retirent les barrières mobiles, les conteneurs et les objets pouvant servir à dresser des barricades. Les commerçants sont invités à rentrer leur mobilier extérieur le 24 octobre à midi. Plus de 1 000 agents de la propreté seront mobilisés pendant le week-end.
Certains ne s’en remettent plus aux seules vitrines renforcées. Dans les armureries, la demande de moyens de défense a explosé depuis les pillages. Jean-Pierre Bastié, président de l’Union française des amateurs d’armes, a déclaré à L’Est Républicain : « En région parisienne, les ventes ont été multipliées par dix et les armuriers sont désormais en manque de matériel. » Les achats portent principalement sur les bombes lacrymogènes et les armes de défense non létales.
Selon le premier bilan du ministre du Commerce Serge Papin, au moins 3 000 entreprises ont été touchées par les violences des 17 et 18 octobre. La Ville de Paris activera le 24 octobre à midi une cellule de crise et prévoit des équipes supplémentaires pour nettoyer les rues.







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