France : Édouard Philippe placé sous le statut de témoin assisté dans une enquête pour détournement de fonds publics
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Édouard Philippe a été placé le 29 octobre sous le statut de témoin assisté dans une information judiciaire portant sur des soupçons de détournement de fonds publics, de favoritisme et de harcèlement moral au sein de la…
Édouard Philippe a été placé le 29 octobre sous le statut de témoin assisté dans une information judiciaire portant sur des soupçons de détournement de fonds publics, de favoritisme et de harcèlement moral au sein de la communauté urbaine Le Havre Seine Métropole, qu’il préside. Maire du Havre et ancien Premier ministre, il a été entendu toute la journée par deux juges d’instruction financiers.
À l’issue de son audition, son avocat, Emmanuel Marsigny, a salué une « décision favorable », estimant qu’elle « confirme qu’il n’y a rien à lui reprocher dans cette affaire ». Le statut de témoin assisté est moins incriminant que celui de mis en examen. Il peut toutefois évoluer au cours de l’instruction si de nouveaux éléments apparaissent.
L’affaire trouve son origine dans une plainte déposée par Cornelia Findeisen, ancienne directrice générale adjointe de la communauté urbaine entre septembre 2020 et avril 2023. Les soupçons portent notamment sur une convention signée en juillet 2020 entre Édouard Philippe, alors président de l’intercommunalité, et Stéphanie de Bazelaire, présidente bénévole de l’association LH French Tech.
La convention concernait l’animation de la Cité numérique du Havre. Seule candidate à un appel à manifestation d’intérêt lancé en mars 2020, l’association devait recevoir 2,154 millions d’euros de compensation de service public pour mener différents projets dans le cadre d’un service d’intérêt économique général.
Cornelia Findeisen a déposé une première plainte en 2023, qui avait conduit à l’ouverture d’une enquête préliminaire et à des perquisitions menées par le Parquet national financier. Une seconde plainte, déposée en juin 2025 avec constitution de partie civile, a entraîné en mai 2026 la saisine de juges d’instruction financiers à Paris. Elle vise aussi Stéphanie de Bazelaire et Claire-Sophie Tasias, directrice générale des services de la communauté urbaine.
Des soupçons de contreparties politiques
Dans sa plainte, Cornelia Findeisen demande aux juges d’examiner l’existence éventuelle d’un « pacte » entre Édouard Philippe et Stéphanie de Bazelaire, qui aurait reposé sur un soutien politique, financier et relationnel en contrepartie de la gestion de la Cité numérique. Il s’agit d’accusations qui restent à établir dans le cadre de l’instruction.
Elle affirme par ailleurs avoir été écartée et victime de harcèlement moral après avoir lancé ses alertes. Son contrat n’a pas été renouvelé. Elle a obtenu en janvier 2025 le statut de lanceuse d’alerte.
Cornelia Findeisen a déclaré faire confiance à la justice, estimant que l’audition d’Édouard Philippe « montre que mon alerte méritait d’être instruite ». Son avocat, Jérôme Karsenti, a de son côté indiqué vouloir prendre connaissance de l’audition afin de comprendre les motivations des juges au regard des faits dénoncés.
Candidat déclaré à l’élection présidentielle de 2027 depuis 2024, Édouard Philippe reste donc concerné par une procédure judiciaire dont les investigations se poursuivent.








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