La République du Congo, premier pays africain à coter ses obligations souveraines au Nasdaq Dubai
Le ministre congolais des Finances, du Budget et du Portefeuille public, Christian Yoka, a sonné, le 19 octobre, la cloche du Nasdaq Dubai, lors d’une cérémonie organisée à l’invitation de Hamed Ali, directeur général de cette place financière du Golfe, marquant l’entrée en cotation des obligations souveraines congolaises. Selon un communiqué publié par son ministère, le gouvernement congolais a fait admettre à la cote deux emprunts souverains existants, d’un montant total de 1,55 milliard de dollars, déjà cotés à la Bourse de Londres.
Par cette opération, la République du Congo devient le premier État africain à faire coter ses obligations souveraines au Nasdaq Dubai, offrant ainsi à ses titres une nouvelle place de négociation au Moyen-Orient. « Cette double cotation ne crée aucune dette supplémentaire. Elle permet simplement à un plus grand nombre d'investisseurs d'acheter ou de revendre ces titres », a précisé le ministère.
Selon la même source, le gouvernement congolais a engagé, dès 2025, une stratégie de restructuration de sa dette. Confronté à d’importantes échéances de remboursement à court terme, le pays a progressivement renoué avec les marchés internationaux afin de remplacer une partie de ses engagements par des emprunts à plus long terme, sous l’impulsion du ministre Christian Yoka.
Un taux d’intérêt annuel de 9,5 %
« En février, alors que le Congo recherchait 700 millions, les investisseurs étaient prêts à apporter plus de 2 milliards, à des conditions d'emprunt de plus en plus favorables », a indiqué le ministère, précisant que le pays avait mobilisé près de 2,5 milliards de dollars en sept mois. En élargissant sa base d’investisseurs aux pays du Golfe, la République du Congo entend ainsi faciliter son accès aux financements internationaux.
Dans le détail, la première obligation, d’un montant de 700 millions de dollars, a été émise en février 2026 et arrivera à échéance le 17 février 2035. La seconde, d’une valeur de 850 millions de dollars, a été émise en mai 2026 et arrivera à échéance le 26 mai 2036. Les deux émissions sont assorties d’un taux d’intérêt nominal annuel de 9,5 % et prévoient un remboursement progressif du capital.
Selon une analyse du site d’information financière Sika Finance, la cotation à Dubaï ne réduit pas directement la dette congolaise, mais permet de diversifier la base d’investisseurs. Elle pourrait ainsi stimuler la demande de titres souverains congolais sur le marché secondaire et renforcer leur attractivité. Une meilleure perception de ces obligations pourrait, à terme, améliorer les conditions des futurs emprunts du pays.
Cette perspective demeure toutefois tributaire de l’évolution du risque souverain congolais et de l’appétit des investisseurs pour sa dette.





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