Manifestations interdites, rapport sénatorial : la tension monte avant la mobilisation de samedi
À l’approche de l’« acte II » prévu le 24 octobre, les autorités ont annoncé un dispositif de sécurité massif et multiplient les interdictions de rassemblements et les contrôles d’itinéraires, tandis que le Sénat rend public un rapport visant à mieux anticiper et sanctionner les débordements.
Des interdictions en série et des parcours sous haute surveillance
Jeudi 22 octobre, les rassemblements et manifestations non déclarés sont interdits de 8 heures à 20 heures dans plusieurs secteurs de Paris : abords de l’Élysée, de Matignon, de l’Assemblée nationale et du Sénat, mais aussi Champs-Élysées, Louvre, places de la Bastille, de la République et d’Italie, Châtelet, les Halles, l’île de la Cité et les gares.
La préfecture de police a également interdit la manifestation déclarée par Interfac IDF, invoquant « l’incapacité de l’organisateur à éviter les exactions ». Des mesures similaires frappent Lyon, Grenoble, Lille et d’autres villes.
Pour samedi 24 octobre, plusieurs préfectures ont déjà pris les devants. À Rouen, au Havre, à Toulon ou encore à Grenoble, les cortèges sont interdits dans les centres-villes. À Paris, des parcours ont été déclarés : Bastille-Opéra par des coordinateurs des Gilets jaunes, Bastille-Nation par la Confédération générale du travail de Paris. Le ministère de l’Intérieur doit préciser le dispositif, qui pourrait inclure des blindés et l’opération Sentinelle. Sur X, la préfecture de police a publié l’arrêté d’interdiction pour jeudi, rappelant les périmètres concernés.
En complément de l'arrêté n°2026-01404, le préfet de Police a pris un arrêté périmétrique d’interdiction de rassemblement et de manifestation, dans certains secteurs de Paris demain de 8h à 20h. Consultez l'arrêté n°2026-01403 portant mesures de police applicables à #Paris dans le cadre du mouvement lycéen et étudiant le 22 octobre 2026 ⤵️
— Préfecture de Police (@prefpolice) October 21, 2026
Dans le même temps, le Sénat a présenté mercredi un rapport intitulé « L’avenir du maintien de l’ordre : 30 propositions pour reprendre le contrôle ». Les sénateurs David Margueritte et Olivier Bitz préconisent de renforcer le renseignement, de généraliser le recours aux drones et à la vidéoprotection algorithmique, d’introduire des procès-verbaux dématérialisés et de prévoir la présence de magistrats du parquet lors des opérations.
Ils proposent aussi de porter à trois ans la peine de prison pour participation à un groupement violent, de punir le fait de participer à une manifestation non déclarée ou interdite et d’autoriser la saisie de certaines prestations sociales pour indemniser les victimes. Le sénateur Les Républicains David Margueritte a interpellé le gouvernement sur ce sujet devant la chambre haute le 21 octobre.
🏛️ Cet après-midi, j’ai interpellé le ministre de l’Intérieur lors des questions d’actualité au @gouvernementFR sur les manquements de l’État à son devoir d’assurer la protection de nos commerces, de nos institutions et des Français lors des manifestations du 17 octobre dernier. Depuis janvier, nous travaillons avec mon collègue du @Senat Olivier Bitz sur l’évolution du maintien de l’ordre. Nous présentons 30 propositions pour reprendre le contrôle en insistant sur deux axes : - Le renforcement des sanctions, en sanctionnant pénalement la participation à une manifestation non déclarée. - L’efficacité de la réponse judiciaire, en facilitant les interpellations grâce à l’usage des caméras-piétons et des drones lors de toute manifestation présentant un risque. Avec le projet de loi complémentaire « casseurs-payeurs », nous souhaitons que les casseurs paient les dommages qu’ils causent, et non les Français. Protéger le droit de manifester, c’est aussi éviter que les manifestations servent de terrain de jeu aux casseurs et aux pilleurs !
— David Margueritte (@DMARGUERITTE) October 21, 2026
De son côté, l’exécutif enchaîne les réunions. Le président Emmanuel Macron a convoqué les services de renseignement à l’Élysée. Le Premier ministre Sébastien Lecornu reçoit les partis à Matignon, promettant la « transparence » sur le déroulement du 17 octobre. Côté opposition, le coordinateur national de La France insoumise (LFI) Manuel Bompard a annoncé sur RMC qu’il demanderait « des excuses pour le fiasco de samedi ».
Aujourd'hui j'irai à Matignon pour demander à Lecornu des excuses pour le fiasco de samedi et ses manipulations contre la France insoumise, et des réponses politiques à la colère de la jeunesse et d’une grande partie du peuple français. Nous n'acceptons pas l'ordre du jour imposé qui prévoit d'esquiver les revendications du peuple.
— Manuel Bompard (@mbompard) October 22, 2026
Le gouvernement entend reprendre la main après les débordements qui ont marqué les dernières manifestations. Les oppositions, notamment LFI, mais aussi une partie du centre avec l’ancien Premier ministre Édouard Philippe, maintiennent la pression sur Lecornu et ses ministres.





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