Quatre géants européens des télécoms s’allient pour concurrencer Starlink depuis l’espace
Quatre poids lourds des télécommunications européennes veulent permettre aux téléphones de rester connectés même loin des antennes. Orange, Deutsche Telekom, Telefónica et Vodafone ont signé le 19 octobre une lettre d’intention pour envisager une candidature commune à l’attribution de fréquences satellitaires en Europe.
Des satellites pour les zones sans réseau
Le principe, appelé direct-to-device, consiste à relier un téléphone à un satellite, sans passer par une antenne mobile au sol. L’objectif est de couvrir les régions isolées et de maintenir des communications lorsque les réseaux terrestres sont hors service.
Les quatre groupes prévoient de gérer ensemble les installations au sol et les fonctions de contrôle en Europe. En revanche, ils ne comptent pas financer eux-mêmes une constellation de satellites : ils cherchent encore un partenaire pour cette partie du projet. Le dispositif serait ouvert aux autres opérateurs mobiles européens.
Dans leur communiqué conjoint, les entreprises présentent l’initiative comme un moyen de « renforcer la résilience des réseaux publics, protéger les communications critiques et soutenir le développement d’une constellation européenne ». Il faudra toutefois obtenir les fréquences et conclure un partenariat technique avant toute commercialisation.
Starshield : plus d’un million de dollars de drones ukrainiens perdus
L’annonce des opérateurs survient quelques jours après les perturbations du réseau américain Starshield, la version militaire de Starlink utilisée par les forces ukrainiennes. Depuis le 14 octobre, les restrictions de connexion ont notamment affecté leurs drones en vol.
D’après le New York Times, des dizaines d’appareils ukrainiens se sont écrasés après avoir perdu leur liaison satellite. Un commandant ukrainien chiffre les pertes de son unité à plus d’un million de dollars. Faute de connexion, celle-ci a dû suspendre la quasi-totalité de ses opérations pendant près de trois jours, notamment les frappes contre des positions et des installations russes.
L’origine de ces restrictions fait l’objet de versions divergentes. Reuters a rapporté que l’ordre venait de la Maison Blanche, tandis que le Wall Street Journal attribue la décision à Elon Musk. Le patron de SpaceX conteste sa responsabilité et affirme que l’utilisation de Starshield relève des autorités américaines.





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